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Dimanche 23 mars 2008

Elle se tenait seule, là, à pieds nus, au sommet de cette montagne qui se décomposait et s'effondrait à grande vitesse dans la terre noire.

Sur ses longs cheveux blancs, les pluies glacées et sulfuriques tombaient en spirales.

Elle avait sur soi une robe blanche et fine et des yeux bleu-vert.

Elle était seule; elle pouvait voler... 
Le ciel était clair en ce jour.

Par moments, le vide devant elle lui déchirait les yeux...mais après,
son regard azur continuait à flotter uniformément sur l'horizon éternel et infini.

Ils l'ont trahi.

Les éclairs s'abattant sur elle ne l'ont pas brûlé;
elle a juste fondue en eau qu'a emportée le vent du sud
droit vers l'océan calme et profond.

(Ce poème est une traduction.)

par Sergey Markoff publié dans : LIQUID MIND DESIGN BUREAU communauté : Aux portes de l'imaginaire
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Dimanche 23 mars 2008
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Je continue à disparaître. Mes sens meurent et ma raison est en train de fondre.
Toutes les couleurs se mélangent, et l'air a encore perdu toute son odeur.

Je deviens l'eau blanche flottant au dessus du désert.

Mon coeur est aussi devenu blanc: épuisé du froid et de la souffrance.

Je regarde le monde des vivants avec les yeux du mourant.
Dés que j'ouvre les yeux, la première pensée est: la solitude.

Ceci est un monde de traîtres, de putes, d'imposteurs, de faibles et de débiles.

Que meurent tous et que tout disparaisse.

Je marche trop longtemps dans des couloirs infinis ou au lieu des murs se trouvent de grands miroirs lisses et parfaitement propres,
mais sur aucun d'eux je ne peux voir mon propre reflet. Je les regarde, mais ils ne reflètent que le vide.
Je les touche, mais mon image ne parvient pas à apparaître sur leur parfaite surface.

Il me devient de plus en plus difficile de croire que j'existe.

Quand je partirai, je ne regarderai pas derrière moi et je ne regretterai rien.
Je partirai tranquille, vite et de manière décisive.

Je n'ai pas mérité un tel monde, et il ne me mérite pas non plus.

Mon rêve se terminera un samedi enneigé, avec un regard rempli de flocons, sur le Prospekt Mira.

(Ce poème est une traduction.)
par Sergey Markoff publié dans : LIQUID MIND DESIGN BUREAU communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Samedi 27 janvier 2007

 

Ce soir le monde s'éteint
Les lumières deviennent froides, transparentes et tranchantes
L'asphalte lourd et brillant se décompose en morceaux de toutes formes géométriques
Et ressemble à une averse de figurines de marbre
Qui se séparent du sol dans une danse légère
Et s'élèvent diagonalement, en translation rectiligne uniforme vers le ciel noir

...l'espace s'est retourné

Elles continuent à se briser, comme si l'univers aspirait un monde qui était devenu trop rigide

Sans bruits ni odeurs.

Toutes les routes ont disparu, ici c'est le désert.

Tout s'est éteint, même si la lumière n'a toujours pas fondue.


Bonsoir,

Je suis le petit garçon qui vit seul à la gare de triage...

par Sergei Markoff publié dans : LIQUID MIND DESIGN BUREAU communauté : L'âme du poète
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Mardi 26 septembre 2006
Autrefois, ce qui me faisait mal c'était d'avoir une énorme corne au milieu de mon beau front de jeune homme.

Ce qui me faisait aussi mal, c'était le fait que tous les autres, qui étaient alors inconsciemment mes idoles, n'avaient pas ces cornes et semblaient "heureux" en ayant tout ce que je voulais alors posséder: des amis, de l'amour, le sexe, le divertissement...

Au fur et à mesure que le temps passait, je me suis rendu compte que l'image que j'avais d'eux n'était qu'une impression illusoire et superficielle.

En fait, je n'ai jamais voulu leur ressembler car ils ne possédaient pas ce que moi je voulais avoir.
J'avais alors accepté le fait d'avoir une corne énorme sur mon visage.

...une corne tellement grande que presque personne n'était plus en état d'être en ma compagnie, ni près de moi.

Excepté bien sur ceux qui possèdent aussi les cornes immenses;

entre "cornus", il y a de la tolérance et du respect mutuel.

Autrefois, c'est mon reflet qui m'était pénible, ce que j'apercevais à chaque fois que je me voyais dans le miroir, ce simple fait d'être un monstre, mais pourtant, le temps passait et j'acceptais tout ça...

Ce qui provoque mon agonie actuelle, ce n'est plus tant ce sentiment de décalage, mais plutôt l'impression que ma corne devient tellement grande qu'elle développe ses racines profondément dans mon cerveau et qu'elle souhaite me détruire au profit de sa propre croissance.
 
Ce qui me préoccupe aussi, c'est le fait que le nombre de gens avec ou sans cornes avec qui je peux communiquer diminue énormément de jour en jour.

Parfois, je me sens si seul que j'ai l'impression que la terre s'écroule sous moi et que je m'écroule avec cette terre dans un fossé infini et tellement noir qu'il parait transparent, sans couleur, sans vie, sans rien...

J'ai alors le sentiment que tout l'univers se resserre sur moi ayant pour unique but de me détruire.

J'ai commencé alors à avoir peur de la lumière, du temps et de la beauté car même elles devenaient douleur;
l'univers entier devenait synonyme de peine, de vide et de souffrance.

Autrefois, j'éprouvais de la tristesse confronté à ma blessure et à ma deformité.

A présent, je ne ressens que la douleur à en subir ses conséquences: ma présente agonie et la vue de ma mort si proche.


Mais, qu'en pensent les étoiles?
par le Corbeau Albinos publié dans : LIQUID MIND DESIGN BUREAU
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Mardi 26 septembre 2006
Je choisissais toujours la table dans le coin, à coté de la fenêtre, pour deux personnes, qui est séparée de la rue, de la place, des passants, du trafic, des pigeons, des policiers, des machines, des feuilles tombées...que par cette énorme vitrine...

Parfois, je contemple longuement cette place vide à coté de moi...

La vitrine, cette glace grosse et sombre, fait office de frontière entre moi et un monde auquel je n'appartiens pas et que j'observe, depuis longtemps déjà; depuis toujours il me semble même...

Le café est dans le style des années 60, on entend le jazz, il y a la chanteuse, le guitariste, un personnage ataraxique, des couleurs, des objets et des formes...

Je bois quelque chose de caféiné, j’ai mis tout le sucre qu’on m’a apporté, comme toujours.

J’attend le moment propice pour allumer une nouvelle cigarette...

J’approche ensuite la cigarette de l’oreille pour entendre le craquement du papier sous les étincelles du tabac (essayez vous-même quelquefois, c’est intéressant).

L’éclairage est faible, je suis entouré des gens qui se jettent des mots.

Je réfléchis sur moi-même, je pense à tous ceux qui faisaient partie de ma vie, de tous les visages que j’ai vu et que je ne rencontrerai plus jamais...

Bref, je pense à nous tous, à notre lutte absurde (selon la raison pure) - mais pourtant constante, à notre faiblesse, notre emprisonnement, à nos instants de beauté, à nos infinis de désespoir, à mes longues promenades dans la gare de la ville ou je vivais autrefois...

Je me souviens des moments ou j’observais les trains qui partaient en direction du sud, rêvant de fuite...

La perception extrême de la réalité dans laquelle tout est placé dans le cadre objectif, précis, absolu et global.

La transformation sanglante de la réalité à travers l’image de cette réalité; L’image d’un artiste qui cherche une expression sans limites...

Je suis un artiste.

Imaginez alors comment saigne mon âme,
Derrière mon regard tendre, [parfois] désespéré et [souvent] dédaigneux sur le monde qui m'entoure...
par le Corbeau Albinos publié dans : LIQUID MIND DESIGN BUREAU
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