Je continue à disparaître. Mes sens meurent et ma raison est en train de fondre.
Toutes les couleurs se mélangent, et l'air a encore perdu toute son odeur.
Je deviens l'eau blanche flottant au dessus du désert.
Mon coeur est aussi devenu blanc: épuisé du froid et de la souffrance.
Je regarde le monde des vivants avec les yeux du mourant.
Dés que j'ouvre les yeux, la première pensée est: la solitude.
Ceci est un monde de traîtres, de putes, d'imposteurs, de faibles et de débiles.
Que meurent tous et que tout disparaisse.
Je marche trop longtemps dans des couloirs infinis ou au lieu des murs se trouvent de grands miroirs lisses et parfaitement propres,
mais sur aucun d'eux je ne peux voir mon propre reflet. Je les regarde, mais ils ne reflètent que le vide.
Je les touche, mais mon image ne parvient pas à apparaître sur leur parfaite surface.
Il me devient de plus en plus difficile de croire que j'existe.
Quand je partirai, je ne regarderai pas derrière moi et je ne regretterai rien.
Je partirai tranquille, vite et de manière décisive.
Je n'ai pas mérité un tel monde, et il ne me mérite pas non plus.
Mon rêve se terminera un samedi enneigé, avec un regard rempli de flocons, sur le Prospekt Mira.